Tozeur : bonbons contre investissements ?

Infographie Tozeur, par les Cahiers de La Liberté

Peuple instruit,

Le rapport du ministère du développement régional et de la planification indique qu’environ 40% de  la population du gouvernorat de Tozeur est instruite ; un niveau égal au niveau national.

Le même rapport indique par ailleurs que le taux d’analphabétisme (environ 21% de la population) est inférieur au taux national (25%) ; une prouesse au vu de l’éloignement des écoles par rapport aux différentes agglomérations du gouvernorat.

Mais peuple mal nourrit…

Le nombre de familles nécessiteuses à Tozeur dépasse néanmoins le double du niveau national. L’absence de sources de revenus en est la principale raison indique le ministère. L’exemple de la délégation de Tameghza est à ce titre saisissant : plus que 70 familles sur 1000 habitants sont nécessiteuses soit un taux trois fois supérieur au taux national !

Le taux de pauvreté est quant à lui supérieur à la moyenne nationale, tout comme celui du chômage.

Une région délaissée par les pouvoirs publics et les acteurs économiques privés

La lecture des différentes données du gouvernorat réconforte l’impression que Tozeur est une « région délaissée ».

Tout d’abord, une région délaissée par les pouvoirs publics.
La distance d’accès aux services[1] est supérieure à 300Km, quand la moyenne nationale se situe aux alentours des 100Km. Ce facteur désavantage indéniablement la région dans ses relations commerciales. Par ailleurs, la part de routes classées[2], qui reflète le niveau d’accessibilité de chaque délégation, est inférieure à la moyenne nationale : 0,2 à Tozeur contre 0,3 au niveau national.

L’absence d’une infrastructure qui désenclave la région et qui favorise les échanges commerciaux transforme l’économie de la région en une économie basée sur les activités informelles, notamment avec les proches voisins algériens.

Tozeur est ensuite une région délaissée par les acteurs économiques privés.
A titre d’exemple la délégation de Degach est tout simplement dépourvue d’entreprises privées. Une absence qui se traduit par le taux de chômage le plus élevé du gouvernorat.

Des bonbons contre des investissements :

Les promesses d’une meilleure redistribution des richesses entre les régions ont rapidement laissé place à une réalité beaucoup plus amère : sur la période janvier – octobre 2012, les investissements dans la région ont en effet chuté de 60% par rapport à la même période en 2011.

La fin de l’année a été marquée par une visite du président à la région où il a été accueilli par … des bonbons ! Pas sûr néanmoins que l’accueil soit aussi chaleureux en 2013 si les mêmes tendances se confirment.

Sources :

 


[1] La distance d’accès aux services indique la distance séparant la délégation des pôles les plus proches (port, aéroport). Elle reflète la facilité d’échange commercial.

[2] La part des routes classées est égale au nombre de kilomètres d’autoroute, de route nationale et de route régionale divisé par le nombre de kilomètre des routes classées, routes non classées et pistes agricoles. Il reflète le niveau d’accessibilité de chaque délégation.

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Relations Union Européenne – Tunisie : le statut avancé

Crédit photo : leaders.com.t,

Cet article est apparu dans le 5ème numéro du journal des Cahiers de la Liberté (en téléchargement libre ici).

Par Amina Ben Abdelkarim

Dans le cadre de la 9ème session du Conseil d’association Tunisie-Union Européenne,  tenue à Bruxelles le 19 Novembre 2012, la Tunisie s’est vue octroyer le statut de partenaire privilégié de l’Union Européenne. Cet accord est considéré par le gouvernement et différents experts économiques comme une grande avancée dans les relations tuniso-européennes permettant notamment d’intensifier les échanges bilatéraux. Cet accord vise à créer un espace économique commun qui ouvre des perspectives aux exportations tunisiennes sur le marché européen. Cependant certains partis politiques tirent la sonnette d’alarme quant aux risques éventuels de cette libéralisation pour l’économie tunisienne

Historique

La Tunisie a été le premier pays du sud de la Méditerranée à signer un Accord d’Association (AA) avec l’Europe, en 1995. Cet accord s’inscrit également dans le processus de partenariat régional euro-méditerranéen de Barcelone, auquel la Tunisie participe à part entière depuis 2005, et de la nouvelle Union pour la Méditerranée.

Le gouvernement tunisien de l’ère Ben Ali a œuvré fortement mais sans succès pour l’obtention du statut de partenaire privilégié, notamment en raison de sa politique répressive en matière de libertés et des droits de l’Homme.

Après le 14 janvier 2011, l’UE s’est montrée disposée à reprendre les discussions, réaffirmant ainsi son engagement à soutenir la Tunisie et à l’aider à surmonter les difficultés de la transition démocratique.

En quoi consiste l’accord ?

Le statut de partenaire privilégié est un statut attribué par l’Union européenne à des Etats non-membres lui accordant des avantages commerciaux et renforçant les accords économiques existants.

Ce statut se fonde sur un plan d’action de quatre ans (2013-2017), stipulant que la Tunisie entreprendra des réformes substantielles dans plusieurs domaines: politique, économique, sécuritaire, social et culturel.

Les vingt-sept pays de l’UE apporteront de leur côté, un soutien financier, technique et consultatif à ces réformes.

Cet accord devrait se conclure par la signature d’un « accord de libre échange ». Le plan d’action Tunisie-UE prévoit aussi de développer la coopération dans les domaines de la recherche scientifique, de l’enseignement supérieur, des affaires sociales et de la circulation des personnes.

Cet accord comporte également un volet financier. En effet, l’UE a renforcé son soutien financier à la Tunisie, le portant à près de 220 millions d’euros en 2012. Cette aide pourrait être portée à 400 millions d’euros en 2013.

Points positifs

Le statut de partenaire privilégié  comporte plusieurs avantages.

Tout d’abord, l’UE étant à la fois le premier partenaire commercial de la Tunisie (70% de son commerce extérieur), le premier investisseur étranger en Tunisie et la première source de touristes, ce statut ne peut qu’être une bonne nouvelle pour l’économie tunisienne, vu qu’il devrait faciliter la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.

En effet, cet accord renforce les dispositions du Titre II de l’Accord d’Association stipulant le libre-échange des produits industriels  depuis le 1er janvier 2008 (date de la fin du démantèlement des tarifs sur ces produits par la Tunisie). Il devrait aussi aboutir sur le long terme à la libéralisation du commerce des produits agricoles et des produits de la pêche, permettant ainsi aux marchandises tunisiennes une meilleure pénétration des marchés européens.

La libéralisation des commerces, des services et du domaine des transports aériens est également en cours de négociation.

Sur un autre plan, la Tunisie pourrait bénéficier de prêts à faibles taux et de différentes aides financières et technologiques.

Ensuite, cet accord devrait faciliter la circulation des personnes (hommes d’affaires, chercheurs, consultants, etc.) favorisant ainsi l’échange d’expertises et de savoir faire.

Enfin, cet accord incite l’Etat tunisien à promouvoir le respect des engagements démocratiques et à mener les réformes nécessaires à cet égard. Toute entrave dans ces projets pourrait compromettre cet accord. L’UE pourra ainsi pleinement accompagner la consolidation de l’Etat de droit et l’approfondissement de la transition démocratique en Tunisie de manière à empêcher tout retour en arrière en matière de libertés fondamentales et de droits de l’Homme.

Limites

Néanmoins, cet accord ne comporte pas que des avantages. En effet, il est important de signaler que la base de cet accord est la réciprocité.

Certes les marchés européens s’ouvriront devant les produits tunisiens, mais en contrepartie nos marchés devront accorder le même traitement aux produits européens. Or force est de constater que plusieurs secteurs (en particulier agricoles, industriels, etc.) ne sont pas assez solides aujourd’hui pour faire face à la concurrence européenne. De même, il est évident que l’UE prêtera une attention particulière aux aspects sécuritaires, d’où l’importance de rester vigilants et négocier rigoureusement les conditions de mobilité des personnes.

Enfin, La Tunisie pourrait défendre ses intérêts et établir un rapport de forces plus équilibré si elle pouvait s’appuyer sur des alliés dans la région, et notamment ceux de Union Maghrébine plus effective.

Conclusion

Cet accord représente un choix stratégique pour la Tunisie, qui va  profiter de l’expertise et de l’aide de l’UE pour mener des réformes structurelles dans différents secteurs.

Il est cependant primordial de bien négocier les termes finaux de cet accord, afin de protéger l’économie  tunisienne encore fragile et lui permettre de tenir face à la concurrence.

Aujourd’hui, les négociations des conditions du partenaire privilégié sont menées par le gouvernement en place, et l’Assemblée Nationale Constitutionnelle semble être complètement absente de ces négociations. Elle ne devrait intervenir qu’en aval pour approuver, ou non, le texte final de l’accord. Ceci est donc fort regrettable, vu que l’ANC n’aura ni le temps ni l’expertise nécessaires pour approfondir le débat et mieux appréhender les tenants et les aboutissants de cet accord simplement en quelques séances parlementaires.

Sources

Dates Clés

Mars 1969

signature du premier accord commercial UE-Tunisie

25 avril 1976

signature du premier Accord de coopération UE-Tunisie

27 avril 1979

ouverture de la Délégation de la Commission européenne en Tunisie

1995

signature de l’Accord d’Association. Adhésion de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. Total de 15 Etats membres

1998

entrée en vigueur de l’Accord d’Association

2006

adoption du Plan d’action voisinage UE-Tunisie

2008

entrée en vigueur de la zone de libre-échange UE-Tunisie pour les produits industriels

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Revue de presse – Semaine 12 : Femen.tn ?

Crédit photo : Nawaat

Depuis plus de deux ans, la forêt des médias en ligne tunisiens s’étend. Qu’il s’agisse de médias citoyens, de médias commerciaux ou d’organes partisans, la distinction n’est pas toujours évidente. Une seule chose est sûre : la qualité du traitement, des commentaires et des (encore trop rares) analyses de l’actualité sont très inégales. Pour faire la part des choses sur le fond comme sur la forme, il semble nécessaire, aussi régulièrement que possible, de confronter la couverture d’un même évènement par plusieurs médias en ligne.

Voilà maintenant plusieurs jours que les réseaux sociaux et les médias en ligne se sont embrasés, autour d’un sujet racoleur et facile à médiatiser puisque visuel et polémique (les tabous sont brisés) : l’exhibitionnisme militant d’une jeune femme proclamée représentante en Tunisie des Femen. Cette médiatisation a atteint son sommet avec l’invitation de ladite jeune femme à l’émission Labes du 16 mars.

La tension n’est pas retombée puisque le président de l’Association centriste de sensibilisation et de la réforme (il sera probablement utile un jour de faire un point sur la notion de centrisme en philosophie politique) a décidé de s’en mêler.

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La désillusion

Le 23 octobre 2011 a été porteur de grands espoirs pour les citoyens quant à l’avenir politique, économique et social de la Tunisie. Qu’ils soient sympathisants des partis majoritaires ou minoritaires, ils ont choisi un camp à défendre, mais tous étaient conscients du grand pas effectué et étaient remplis d’espoir pour la période qui s’annonçait. Neuf mois après, force est de constater que les uns comme les autres ont globalement déchanté. La fièvre électorale descendue, le citoyen tunisien observe désabusé que la politique politicienne a pris le dessus et que pour lui, rien n’a vraiment changé.

Les Tunisiens de toutes les générations ont probablement discuté de politique en un an et demi plus qu’ils ne l’ont jamais fait en une vie. Une longue hibernation citoyenne de dizaines d’années avait vu tous les événements orchestrés, mis en scène et interprétés suivant la même grille de lecture fixée par les dictatures successives. Soudain, en l’espace de quelques mois, un flot d’événements s’est déversé sur la scène publique. Ces événements sont la plupart du temps inattendus, incompréhensibles, et même souvent surréalistes. Certaines tendances de fond permettent néanmoins au citoyen tunisien de se repérer dans ce brouhaha incessant.

Première tendance, la référence à la révolution devient pratiquement absente des discours de nos politiques. Seuls ceux qui ont participé activement à sa réalisation continuent à essayer de donner corps à une force qui poursuivrait ses objectifs. En revanche, de par leur comportement (comme leurs réticences quant à l’accès public aux travaux de l’assemblée), leur pratique de la politique, il est devenu clair aux yeux de beaucoup que la majorité de ceux qui sont censés représenter les citoyens ne sont pas ceux qui ont fait la révolution, ni ceux qui ont à cœur de défendre ses objectifs. Deuxième tendance, un mouvement de concentration et de fusion des partis a été engagé, en vue de concurrencer Ennahdha pour les prochaines élections et d’être appelé à gouverner. Troisième tendance, les destouriens sont de retour et ne se heurtent vraisemblablement plus à une vraie levée de boucliers populaire. Ils se présentent même comme une force à même de concurrencer le premier parti de Tunisie. Enfin, aigris, beaucoup de nos concitoyens ne se cachent plus pour regretter le temps béni de la dictature.

Mais au-delà de la politique politicienne, la vraie jauge du citoyen pour savoir si quelque chose a réellement changé depuis les élections est liée à trois aspects de sa vie quotidienne : le coût de la vie, les médias et l’administration publique en général et les forces de l’ordre en particulier. Sur ces trois aspects, rien ou si peu a vraiment changé. Comme exposé plus loin dans ce numéro, la vie chère continue de miner le budget des classes pauvres et moyennes. La tendance s’est même accélérée depuis les élections. Les forces de l’ordre quant à elles prouvent chaque semaine que les vieux réflexes sont de retour, et que le citoyen n’est pas prémuni de l’arbitraire, loin de là.

Les médias de leur côté, supposés s’être libérés du joug de feu l’ATCE[1] et du pouvoir politique font globalement étalage d’une paresse et d’un manque d’investissement consternants. L’absence d’investigations sérieuses et d’analyses fouillées sont manifestes. Au contraire, de nouveaux journaux perpétuant les pires pratiques du régime du 7 novembre (diffamation, intimidation, mensonges, etc.) sont en train de voir le jour. A leur décharge, les médias doivent faire avec un pilonnage incessant des politiques de tous bords et des citoyens. Ils sont devenus la cible privilégiée de tous, et doivent travailler de ce fait dans des conditions peu enviables, avec une éternelle épée de Damoclès au dessus de la tête. Mais il leur revient de savoir résister aux uns et aux autres, et de gagner l’estime des citoyens. Car finalement, le gouvernement et l’opposition sont, malgré tout, dans leur rôle. Avec de la mauvaise foi certes, mais leur objectif in fine, est de gagner les élections. Si pour cela, ils doivent déverser leur bile sur les médias, ils ne s’en priveront certainement pas.

Le résultat de cette lutte entre les pouvoirs est que les citoyens sont privés de l’accès aux causes profondes des évènements, et se retrouvent devant une succession de faits complètement non-déterministes, comme s’il y avait des forces sous-jacentes qui « tiraient les ficelles », confortant ainsi les théories de complot qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Rien n’est donc fait pour affaiblir l’influence de ces réseaux qui, en dehors de toute éthique journalistique, ont supplanté les médias traditionnels et participent à un pourrissement des débats. C’est peut-être la faiblesse des médias qui fera le plus de mal à l’atmosphère générale à l’approche des élections. Dans ce contexte, il faut s’attendre à ce que la prochaine campagne électorale soit résolument populiste, sans contrepoids médiatique qui en atténuerait la portée.

En réalité, le drame des tunisiens est que l’un des facteurs qui a le plus contribué à la chute de l’ancien régime qu’est la crise financière mondiale est toujours là et va en s’accentuant. Tous les partis ont menti et continuent à mentir en mettant tout sur le dos de l’administration dictatoriale. On nous a fait croire que l’économie décollerait dès qu’un gouvernement légitime serait élu. Ceux qui aspirent à gouverner ont un devoir de vérité vis-à-vis de leurs citoyens. Car à force de voir des promesses trop rapidement oubliées et des contre-vérités si assidument proférées, à force de voir que tous sont obnubilés par les prochaines élections et par le pouvoir, le peuple est en train de se résigner au « tous pourris ». Déjà…[2]

Par Mahdi Zargayouna


[1] Agence Tunisienne de la Communication Extérieure

[2] Pour aller plus loin dans l’analyse, l’article suivant traite des analyses des enquêtes d’opinion. Nous avons également publié un autre article sur ce même sujet dans le numéro 3 (mai - juin 2012) du journal

Article publié dans le 4e numéro du Journal des Cahiers de la Liberté

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Diaspora et Entreprenariat

Ils sont 1.155.634 personnes à constituer la population tunisienne à l’étranger selon les statistiques du mois de mars 2012 de l’Office des Tunisiens à l’Etranger. 83% d’entre elles sont installées en Europe, 14% dans le monde arabe et 3% entre l’Afrique subsaharienne, l’Asie, l’Amérique et l’Australie.

Fortement représentée dans la nouvelle vie politique tunisienne, notamment à travers 18 élus de l’assemblée nationale constituante, la diaspora tunisienne est également un acteur important de la vie économique en Tunisie. Toujours selon l’Office des Tunisiens à l’Etranger, les tunisiens à l’étranger constituaient en 2008 la quatrième source de devis, 5% du PIB et 23% de l’épargne nationale.

Or, l’augmentation régulière (de l’ordre de 8% par an) des transferts monétaires de la diaspora vers la Tunisie s’est accompagnée d’une baisse de l’apport en investissement et une stagnation du nombre de projets créés.
L’absence d’éléments chiffrés et objectifs sur cette situation ont incité Mehdi Frikha à initier une enquête en ligne pour étudier de plus près le phénomène. 329 participants ont répondu à une enquête leur demandant de décrire leur motivation pour créer une entreprise en Tunisie, ainsi que les difficultés qu’ils rencontrent (infographie ci-dessous). Mehdi espère que les associations et les experts prendront le relais et approfondiront le sujet.
Les points motivants pour l’entrepreneuriat en Tunisie les plus citées sont : la contribution au développement de la société et/ou la science, la réalisation de soi, le désir d’être indépendant et l’opportunité de rentrer en Tunisie. Les secteurs d’activités favoris sont l’ingénierie – l’informatique en particulier – et le conseil.
Les principales causes du rejet de l’idée d’entreprendre en Tunisie sont d’abord liées la situation économique et politique ainsi qu’à la mentalité professionnelle en Tunisie. Viennent ensuite des paramètres personnels comme le risque financier et le confort de vie à l’étranger. Pour changer d’avis, les réfractaires attendent une stabilisation économique en Tunisie et l’amélioration de leurs projets ou idées.

« Aucun entrepreneur sondé ne souhaite s’installer dans les régions intérieures du pays. Si le déséquilibre entre les régions a été une des étincelles de la révolution en Tunisie, la diaspora Tunisienne ne semble pas apporter sa contribution pour la résolution de ce problème. En effet, la répartition des régions d’installation des projets, présente un désintérêt presque total pour les régions de l’intérieur du pays. » nous explique M. Frikha.
18 mois après, la diaspora, véritable relais à l’étranger de la révolution tunisienne ne semble pas encore en mesure d’« envahir »l’espace économique.
Le gouvernement de Jebali a entamé depuis, en concertation avec 300 associations tunisiennes actives à l’étranger, une réflexion autour de la création d’un « Conseil supérieur de l’immigration » quand Houcine Jaziri, Secrétaire d’État chargé de l’Immigration et des Tunisiens à l’étranger, annonce des mesures facilitant le retour définitif des tunisiens à l’étranger.
La question de l’efficacité de ces mesures, reste quant à elle, entière.

Pour aller plus loin :
Les résultats détaillés de l’enquête est disponible en téléchargement libre sur notre site web : http://cahiersdelaliberte.org

 

Par Ala Ben Abbes

Mehdi Frikha est actuellement consultant dans la région du Maghreb auprès d’un des leaders mondiaux du conseil de Direction Générale. Il a créé une entreprise franco-tunisienne en e-learning et a été confronté aux difficultés qu’un entrepreneur rencontre sur le terrain en Tunisie. Il est également actif dans les associations de la diaspora Tunisienne et des groupements d’entrepreneurs. Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Institut Français du Pétrole.

Article publié dans le 4e numéro du Journal des Cahiers de la Liberté

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