Directeur de Banque Centrale cherche explication pour facture énergétique « trop salée »

Crédit photo : Babnet

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Fin février, à l’auditorium de la Banque centrale de Tunisie (BCT), la scène est surréaliste. Et pourtant.

Lors de la présentation du rapport «Perspectives économiques et régionales du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord » par le Fonds Monétaire International (FMI), Chedly Ayari a déclaré ne pas être en mesure d’expliquer une facture énergétique « trop salée » dans un contexte de baisse importante du prix du pétrole.

Intuitivement et au vu de la structure de notre déficit budgétaire (60% du déficit est dû à la facture énergétique), la chute des prix de pétrole devait contribuer à « améliorer la position budgétaire et extérieure » de la Tunisie. C’est en substance ce qu’est venue expliquer Giorgia Albertin, représentante résidente du FMI pour la Tunisie.

Si le président de la BCT évoque des mécanismes économiques complexes qui viendraient contredire l’intuition, il peine néanmoins à avancer l’esquisse d’une explication. « Même s’il y a des gains, ils ne sont pas évidents. La facture énergétique que nous payons en Tunisie est très élevée, et je me demande pourquoi…je n’ai pas de réponse ». Rassurant.

Phénomène de volume, audit immédiat, les biens de Giffen et discussion de café du commerce

L’absence de réponses n’a pas empêché le président de la BCT de lancer des actions. Et la première semble plutôt aller dans le bon sens. La baisse des prix semble être contrebalancée par une augmentation des volumes. Pour faire simple, le baril coûte deux fois moins cher mais on en achèterait deux fois plus qu’avant. Une cellule d’investigation auprès des compagnies importatrices au niveau de la banque a été créée et devra enquêter sur les quantités importées.

Malheureusement, le patron de la BCT ne s’arrête pas à l’absence de réponses et aux tentatives d’audit. « Lorsque le prix augmente, la demande baisse, mais ce n’est pas le cas actuellement en Tunisie ». Robert Giffen et Thorstein Veblen se retournent dans leurs tombes. Les deux économistes ont étudié les phénomènes d’augmentation de la demande suite à une augmentation des prix pour les produits de première nécessité [1] et pour les biens de luxe… il y a un siècle.

M. Ayari se focalise ensuite sur le chômage et l’électricité s’étonnant que « La hausse du prix de l’électricité n’a pas fait baisser la consommation » !

Rien de surprenant pourtant et pour le cas très particulier de l’électricité, bonne nouvelle pour M. Ayari, les choses devraient finir par s’arranger. « A court terme les ménages doivent utiliser l’électricité (contrainte technique) ils ne peuvent donc réagir que faiblement à une variation du prix. A long terme, ils ont la possibilité d’opter pour d’autres types d’énergie, leur consommation devient plus élastique par rapport au prix. ». CQFD.

S’en suit alors une série de déclarations dignes d’une discussion de café du commerce : « nous allons de plus en plus vers une aire où l’énergie ne sera plus aussi chère qu’avant, sauf accident géopolitique majeur …ce qui n’est pas exclu ».

Pour un débat transparent, éclairé et démocratique

La scène a beau être surréaliste et les explications manquant de la rigueur scientifique indispensable à ce type d’exercice, il n’en reste pas moins que le secteur de l’énergie reste un secteur vital pour l’économie de notre pays. De l’indépendance énergétique à la compétitivité économique en passant par le progrès social et l’impact écologique, les choix énergétiques du pays appartiennent avant tout à ses citoyens.

Un coup d’œil rapide sur les pratiques des pays démocratiques sur la question devrait finir par convaincre les sceptiques. La France a lancé en 2007 un « Grenelle de l’environnement », le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles au Québec, Pierre Arcand, estime « qu’il est nécessaire de prolonger la discussion afin, de dégager des consensus.» sur la question énergétique. L’union européenne n’est pas en reste avec la directive INSPIRE. « Elaborée par la Direction générale de l’environnement de la Commission européenne, cette directive vise à établir en Europe une infrastructure de données géographiques pour assurer l’interopérabilité entre bases de données et faciliter la diffusion, la disponibilité, l’utilisation et la réutilisation de l’information géographique en Europe. »

En Tunisie, l’absence de données chiffrées et le manque de débat démocratique sur la question conduisent non seulement à des scènes comme celle vécue il y a un mois à l’auditorium de la BCT mais aussi et surtout à la privation des citoyens de leur droit à décider pour eux-mêmes.

Gageons que la classe politique et la haute administration tirent les conséquences qui s’imposent de ce spectacle désolant en associant la société civile à ces choix stratégiques.

 

[1] Admettons qu’un consommateur ait 3 Euro par jour à disposition. Il achète chaque jour 1 pain pour 1 Euro et un morceau de viande pour 2 Euro. Imaginons que le prix du pain augmente à 1,50 Euro. Après l’achat d’un pain (au nouveau prix du marché), le consommateur n’a pas assez d’argent pour s’acheter un morceau de viande, il va donc acheter un pain supplémentaire à la place. Le pain est, dans ce cas, un bien de Giffen. (Source : Wikepedia)

 

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Le discours qu’aurait dû prononcer le Président de la République

Voici le discours que plusieurs de nos membres auraient aimé entendre ce soir, après les tragiques événements du Bardo d’aujourd’hui.


Tunisiennes, Tunisiens,

Aujourd’hui, la Tunisie est en deuil. Elle a été attaquée en son cœur, au Bardo.

Le Bardo, maison de la République et de la Nation, où siègent les représentants du Peuple souverain.

Le Bardo, symbole de notre Histoire, symbole de notre culture commune, dont le musée est internationalement connu pour ses collections, visité par nos amis venus du monde entier.

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La recette pour une coalition gouvernementale réussie

Le Président de la République a été investi le 31 décembre 2014. Il a désigné, dans la foulée, Habib Essid pour former le premier Gouvernement de la Deuxième République. Trois semaines plus tard, nombreux sont ceux qui se plaignent de la lenteur du processus.

Or l’art de composer un Gouvernement est en soi difficile. Lorsqu’il s’agit d’une coalition, les problèmes se multiplient, puisque plusieurs acteurs sont impliqués. Dans les pays où la tradition multipartite est fortement implantée des universitaires se sont posé la question de la recette pour une coalition gouvernementale réussie et pérenne.

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Hors du gouvernement majoritaire, point de salut ?

Depuis plusieurs mois, la lecture de l’échiquier politique aboutit, pour de nombreux observateurs, à la même équation : la personnalité désignée par le parti arrivé en tête doit constituer le Gouvernement en s’appuyant sur les membres de ce parti et, éventuellement, de personnalités issues de partis proches politiquement. À défaut, pour certains, la composition du Gouvernement ne respecterait pas la volonté des électeurs. Pire, elle trahirait l’objectif des élections et confisquerait la démocratie.

Au regard des expériences étrangères, parfois pluriséculaires, cette lecture est simpliste, dans le meilleur des cas, fausse ou au moins de mauvaise foi, dans les autres cas. La composition d’un Gouvernement n’est pas nécessairement une science mais c’est une problématique étudiée et analysée. Il n’y a pas qu’une seule solution à cette équation et il paraît utile de faire le point, à quelques jours de la nomination du nouveau Gouvernement tunisien.

Ce premier article rappelle l’éventail des possibles, qui démontrent qu’il ne s’agit pas d’un problème simple ni d’une équation à solution unique. Comme souvent, le commentateur avisé de la vie politique doit faire preuve de nuance.

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#Birrasmi : premier bilan du projet à la fin du premier tour

À la veille des élections législatives, Les Cahiers de la liberté ont lancé un nouveau programme de veille citoyenne intitulé #Birrasmi. Axé sur le participatif, ce portail internet passe au crible les déclarations politiques des candidats à l’élection présidentielle tunisienne. Il s’agit d’une initiative inédite en Tunisie, qui permettra d’éclairer le débat public en démêlant le vrai du faux pendant la campagne. En ce grand jour, unique dans l’histoire de la Tunisie, puisque c’est le premier premier tour d’une élection présidentielle au suffrage universel (et dans le monde arabe, me dit-on), l’heure est à un premier bilan du projet que nous avons lancé à la veille des élections législatives.

Pendant ce dernier jour de silence électoral, avant le résultat et le lancement de l’éventuelle campagne du second tour, petit tour d’horizon de la couverture médiatique qui a été donnée à notre projet et, bien sûr, quelques statistiques.

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