Commission d’enquête sur le 9 avril

Crédits photo : Leaders

Dans ce contexte particulier, il nous a semblé important de rappeler que la réforme de l’appareil sécuritaire était un des enjeux majeurs de cette phase. Nous republions donc notre dossier sur la réforme de la police, dossier publié dans le 5ème numéro de notre journal, en janvier 2013. 

Créée quelques semaines après les violences constatées lors d’une manifestation au centre ville de Tunis le 9 avril 2012, cette commission d’enquête a été au centre de nombreuses tensions au sein de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) comme au dehors, et est même accusée d’enterrer l’enquête. CDLL a interviewé 3 de ses membres pour en savoir plus : son président, Zied Laadhari (Ennahdha), son vice-président Noomen Fehri (Bloc Démocratique) et son vice- rapporteur, Selim Ben Abdessalem ( ex-Ettakattol, Bloc Démocratique).

Pourquoi une commission d’enquête sur les évènements du 9 avril ?

Avant même la création de cette commission, suite à plusieurs évènements ayant trait à la sécurité certains élus ont demandé une commission d’enquête permanente. Selim Ben Abdessalem explique à ce propos que le but était « d’enquêter sur le fonctionnement du dispositif sécuritaire de manière globale. Cette proposition a été rejetée en commission du Règlement Intérieur (RI) par le groupe Ennahdha et quelques autres députés sous prétexte qu’il fallait changer le RI, que cette commission était trop difficile à mettre en place. » Suite au 9 avril 2012, la proposition d’une commission d’enquête spéciale a vu le jour. « Moi je l’interprète comme une façon de couper l’herbe sous le pied d’une commission d’enquête sur le dispositif sécuritaire » insiste Monsieur Ben Abdessalem.

Concernant les objectifs de cette commission, son président Zied Laadhari rappelle que « l’ANC s’est contentée de termes très lacunaires. Il appartenait donc à la commission de déterminer ses propres objectifs. Après quelques séances préparatoires, 3 objectifs ont été définis : Comprendre ce qui s’est passé le 9 avril en confrontant les différentes versions, définir les responsabilités de tous les intervenants, puis faire des recommandations à l’attention du gouvernement et de l’ANC pour que cela ne se reproduise plus, que la gestion par les forces de l’ordre de manifestations et rassemblements soit conforme à un équilibre entre les droits des citoyens, les Droits de l’Homme et les libertés fondamentales d’une part, et les exigences du respect de l’ordre public et de l’autorité de l’Etat d’autre part». En ce qui concerne l’enquête en elle-même, il s’agissait pour Selim Ben Abdessalem de «  savoir quelles sont les instructions données aux policiers, quel a été leur comportement réel et quel a été le rôle de certains civils qu’on a vu s’en prendre à d’autres civils. Qui sont ces gens là ? Est-ce qu’ils ont agi de leur propre chef ou est-ce qu’ils ont agi de manière coordonnée avec les policiers ? Parce que là dessus, les versions divergent. »

 Une commission à la composition très critiquée

La composition de cette commission a été remise en question d’une part pour la forte présence du parti au pouvoir et l’attribution de la présidence à Ennahdha, mais également pour la présence de membres eux-mêmes témoins des évènements. A cet égard, Zied Laadhari rappelle que la composition de cette commission obéit strictement aux dispositions du RI de l’ANC. D’autre part, une impartialité factuelle serait selon lui impossible à atteindre puisque « de la même façon qu’on penserait que le président défendrait les thèses de la majorité, on pourrait répliquer de manière réciproque que les membres de l’opposition seraient enclins à accabler le gouvernement ». Ayant tous leur appartenance partisane, il fallait selon lui « accorder le bénéfice de bonne foi à tous les membres et faire prévaloir le sens des responsabilités de chacun pour que le travail soit fait de manière objective, en préservant l’intérêt supérieur de la nation et l’Etat de droit, sans parti pris. »

De son côté, Noomen Fehri précise cependant que l’attribution de la présidence posait problème. Selon lui, deux autres commissions spéciales ont vu leurs présidences attribuées respectivement au bloc Ennahdha et au Bloc Démocratique, et celle-ci, la troisième donc, devait normalement avoir un président du bloc Ettakattol. Des discussions entre le président de l’ANC et les présidents de groupes ont abouti à attribuer la présidence à Ennahdha, chose qui pour lui ne donnait pas un signe positif. En ce qui concerne les membres de la commission témoins des évènements (il s’agit en l’occurrence de Nadia Chaabane et de Khemaies Ksila), Noomen Fehri considère que si cela pouvait prêter à critique, ces membres, de par leurs fonctions, ont obligation de dire la vérité et peuvent même permettre d’accélérer les travaux. « Pour ma part je n’ai jamais constaté un manque de neutralité de leur part. Au contraire, j’ai plutôt constaté, au tout début, la non neutralité d’une partie des membres d’Ennahdha, mais PAS du président » insiste-t-il. « Il faut être clair là dessus, le président avait des pressions énormes de son groupe parlementaire, surtout concernant le timing et la méthodologie, mais pendant les séances, il était très neutre. ». De même Selim Ben Abdessalem précise que « sans remettre en question la personnalité ou l’intégrité de Monsieur Zied laadhari, qui n’est pas en cause, le fait est que la présidence a été attribuée au groupe majoritaire du même parti que le Ministre de l’Intérieur. Qu’on le veuille ou non cela jette un doute sur le travail de cette commission. »

 Un travail qui tarde à aboutir

Commencé en juin 2012, le travail commission s’est heurtée à plusieurs difficultés. Selon Zied Laadhari, le premier obstacle était l’absence d’outils juridiques permettant à une commission parlementaire de faire un travail d’investigation pour une autorité publique, notamment « pour convoquer des personnes et pouvoir demander à des institutions ou organismes publiques de transmettre des informations sans que le secret professionnel ne soit opposé et de pouvoir engager des poursuites judiciaires contre ceux qui pourraient faire des déclarations mensongères. Nous avons consacré beaucoup de réunions pour préparer un projet de loi sur ces prérogatives et nous sommes aujourd’hui en train d’attendre que ce projet de loi soit discuté au sein de l’Assemblée. ». De son côté, Noomen Fehri a mis en évidence des difficultés d’ordre méthodologique et un manque de compétence : « J’avais proposé de faire appel à un juge d’instruction sur qui il y avait consensus, qui devait travailler pour nous. Cette proposition n’a pas été acceptée, peut être par peur que cela échappe au contrôle d’un groupe parlementaire, ou juste par manque d’imagination et souci de conformisme, mais c’est peut être un peu des deux. »

Le deuxième obstacle constaté est un problème de temps. Ses membres pris par leurs divers engagements au sein de l’ANC, il en découle des lenteurs dans le travail de la commission du 9 avril qui ne dispose pas de créneaux horaires suffisants. A ce propos, Noomen Fehri ajoute : « On a essayé de travailler autant que possible avec les pressions de ralentissements de certains groupes parlementaires jusqu’au 14 septembre (date de l’attaque de l’ambassade américaine, ndlr). Suite à cela, c’est devenu moins prioritaire. »

Par ailleurs, Selim Ben Abdessalem souligne une volonté de blocage par le parti Ennahdha, et surtout par Ali Laarayedh, le Ministre de l’Intérieur: « Il s’est avéré être quelqu’un d’absolument non coopératif notamment après l’audition que nous avons eue quand nous l’avons invité dans cette commission. Il avait fait preuve d’un mépris sans nom en disant aux députés ‘’qui êtes-vous pour m’inviter comme devant un tribunal ? ‘’ Et il a clairement dit ‘’je m’opposerais au témoignage de tout policier ou de tout fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur que vous inviteriez à venir témoigner ‘’. Et lui ne nous a absolument rien appris ce jour là. Il en est même arrivé à dire qu’il n’y avait pas eu de victimes du 9 avril parce que personne n’était venu se plaindre au Ministère de l’Intérieur. » Par ailleurs, Noomen Fehri et Selim Ben Abdessalem s’accordent pour dire qu’il y a un manque de coopération du Président de l’Assemblée, Mustapha Ben Jaafer. Monsieur Ben Abdessalem explique à ce propos : « Malgré tous les appels de la commission et de son président Zied Laadhari, il n’y a pas donné suite alors qu’il aurait été de son rôle de défendre l’Assemblée et de lui redonner sa place face au gouvernement. »

Jusque là, seuls le Ministre de l’Intérieur, le président de la LTDH et un témoin semblent avoir été interrogés. De l’avis de tous, le texte élaboré par la commission et qui sera soumis à l’Assemblée est capital. « Dans l’état actuel des choses cette commission n’a pas les moyens et n’a pas assez d’éléments pour faire un rapport éclairé et complet » explique Selim Ben Abdessalem.

 Crise au sein de la commission du 9 avril

Récemment, certains membres de cette commission ont fait part de leur intention d’en démissionner. Noomen Fehri fait parti de ce groupe, constatant qu’il n’était pas efficace au sein de cette commission, mais « le président de la commission a été très coopératif et a demandé à tous de rester encore au moins jusqu’au passage de la loi pour mettre en place les règles de travail pour les successeurs. »  Selim Ben Abdessalem a également fait part d’une possible démission « à condition que nous ayons les moyens, dès le mois de janvier, de poursuivre le travail dans de bonnes conditions. Il serait ridicule que cette commission ne rende pas son rapport complet le 9 avril prochain.» Par ailleurs, de nombreuses victimes auraient tenté de dissuadé les membres de démissionner, considérant que cet acte signerait une défaite. Pour Noomen Fehri « tant que le Président ne comprend pas que pour gérer une entreprise de cette envergure il faut une planification, cela risque de durer longtemps. »

 Une commission d’enquête, est-ce une solution adéquate ?

La quasi-absence de résultats de la commission du 9 avril semble prouver aux yeux de beaucoup de citoyens qu’il s’agit là d’une réponse inadéquate à ce type de problèmes. Pour Selim Ben Abdessalem, « Toutes les commissions évoquées jusque là sont à caractère sécuritaire, ce qui confirme le besoin évoqué au départ d’avoir une commission permanente d’enquête et de suivi sur le dispositif sécuritaire en général pour pouvoir le réformer. Ces commissions fonctionnent ailleurs, alors pourquoi pas en Tunisie ? »

Fausse bonne idée ou réelle tentative de faire avancer les choses, cette commission semble cristalliser des batailles inhérentes au fonctionnement de l’Assemblée Constituante et à son rapport avec le gouvernement. Entre la bonne volonté de nombreux de ses membres, les obstacles et une volonté apparente d’enliser ses travaux par certaines parties, la commission d’enquête sur le 9 avril est une illustration parfaite des difficultés de la transition, avec pour objectif, à terme, de participer à une réforme fondamentale et difficile.

Par Nadia Ayadi.

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اميل كازال و نشأة البوليس الجمهوري بفرنسا

Crédits photo : Le Point

 اليوم: 30 جوان 1880، المُرسِل: اميل كازال، مدير الأمن العام الفرنسي، المُرسل اليه: وزير الشؤون الداخلية والدينية الفرنسي، الموضوع:  تقرير حول مهام وممارسات وتنظيم الشرطة الجمهورية.

بهذا التقرير، وضع الفيلسوف و السياسي اميل كازال اولى الآليات التي أدت إلى  نشأة وتطوير إدارة الشرطة الجمهورية بفرنسا.

عن دور البوليس السياسي في ظل نظام الديمقراطي:

بعد الإمبراطورية الفرنسية الثانية ( إمبراطورية قامت من عام 1852 إلى عام 1870 بين الجمهورية الثانية والجمهورية الثالثة تحت حكم نظام نابليون الثالث)، طُرِحت مسألة الحفاظ على اجهزة الاستخبارات السياسية من عدمها. اي دور لبوليس سياسي في كنف حكم يستمد شرعيته من الشعب؟  هل لهذا البوليس الحق في جمع معلومات عن التوجهات و الاراء السياسية للمواطنين في ظل نظام حكم يكرس الحرية و العدالة ؟

كل هاته الاسئلة و غيرها طُرِحت في سبتمبر 1870 على البرلمان الفرنسي في اطار دراسة قانون المالية الذي تظمن آنذاك فصلا حول المصاريف السرية للامن العام. و على الرغم من المعارضة الشديدة فإن القرار أُتُخِذ للابقاء على البوليس السياسي وذلك لسببين اثنين. اولهما الواقعية السياسية او « الريالبوليتيك » التي دفعت بالحكومة بعدم الاستغناء عن وسائل عمل من سبقها في الحُكم. ثاني الاسباب امني بالاساس، و ان كان واهيا. فقد استعمل اميل دومارسار، وزير الداخلية آنذاك حجة امن الدولة و مجابهة اعداء الوطن مصرحا انه على الرغم من ضعف هؤلاء الاعداء، فإنه « من المفيد جدا أن تُراقب هاته الاطراف ونعرف ماذا يفعلون ».

دور الادارة في ظل التقلبات السياسية

عرفت هاته الفترة من التاريخ الفرنسي تقلبات عديدة و شهدت تلاحق الحكومات. و إن صعُب تقييم دور كبار المسؤولين في الادراة الفرنيسة آنذاك، فإن تقرير اميل كازال يقدم لمحة مهمة عن دور الادراة في هذا السياق. اميل كازال قدم تقييم مدقق عن التنظيم الداخلي للبوليس السياسي ثم طور مفهوم هذا الجهاز ليجعل منه جهازا في خدمة السياسة الداخلية للحكومة بدلا من تنظيم يضيق الخناق على المواطنين.

المصادر :

Aux origines de la police politique républicaine Jean-Marc Berlière et Marie Vogel

Emile Cazelles, par l’encyclopédie cosmovisions

عن علاء بن عباس

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قوات الشرطة الروسية في ما بعد الشيوعية

Crédits photos : site de presse russe Rian

 واجهت قوات الشرطة الروسية في فترة « البيريسترويكا » (*) تحديين اثنين. اولهما وجوب القطع مع قمع الاتحاد السوفياتي اللتي لعبت فيه الشرطة دورا اساسيا و ثانيهما حتمية اعتماد المعايير الدولية لوضع معايير عملها. هاته الازدواجية ادت الى منظومة مختلطة بين قوات امن عام وشركات امنية خاصة.

و ان عرفت هاته الفترة تراجعا مهما للقوى العاملة في قطاع الامن العمومي، فانها في المقابل شهدت ارتفاعا هاما لعدد شركات الامن الخاصة. و قد ادت هاته الوضعية الى زيادة كل من الشعور بانعدام الأمن بين السكان، وعدد تدخلات الشرطة.

التحديات التي واجهتها روسيا في اعادة تنظيم قوات الامن واجهتها ايضا بلدان عدة مثل بلغاريا و المجر و كوسوفو و غيرها في ما يعرف في « ما بعد الشيوعية ».

البيريسترويكا (بالروسية: перестройка) ، وتعني «إعادة البناء»  برنامج للإصلاحات الاقتصادية أطلقه رئيس الاتحاد السوفييتى، ميخائيل غورباتشوف وتشير إلى إعادة بناء اقتصاد الاتحاد السوفيتى. صاحبت البيريسترويكا سياسة غلاسنوست والتي تعني الشفافية. أدت السياستان معًا إلي انهيار الاتحاد السوفييتي وتفككه سنة 1991.

Source :

Criminalité, police et gouvernement : trajectoires post-communistes, Sous la direction de Gilles Favarel-Garrigues, Paris, l’Harmattan, collection logiques politiques, 2003, 304 pages.

عن علاء بن عباس

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نشأة الشرطة البريطانية

Crédits photos : RFI

الخلفية التاريخية:

الدولة البريطانية أقل مركزية بكثير من فرنسا، إذ أن سلطة الملك محدودة بفعل صلاحيات النواب واللوردات اثر اعتماد ال »ميثاق الأعظم » عام 1215. الثورة الصناعية والزراعية كانت هي الاخرى أشد بكثير، حيث أنها بيد أصحاب المشاريع الفردية بدلا من أن توجه لصالح للملك. وهكذا، فإن الطبقة المتوسطة الإنجليزية هي أقوى بكثير وتتمتع بحقوق أكثر بكثير من نظيرتها الفرنسية.
في سنة 1700 يفوق عدد سكان لندن ب 50٪ عدد سكان باريس (750،000) وتشكو عدة أحياء من تواجد مشط للمجرمين حتى أن الدولة لا تقدر على التدخل لكي لا تقع تحت طائلة الحرب الأهلية. في عام 1800 تعد لندن ما يقرب 1.2 مليون نسمة وهي بذلك أكبر مدينة في العالم حينها.

ومع ذلك، فإن معظم البرجوازية لها نظرة قاتمة جدا عن الشرطة الفرنسية، التي تبدو وكأنها أداة تحكم من قبل السلطة المركزية، وفقدان للحرية.
علاوة على ذلك، وبما أن القانون الإنجليزي ينبغي أن يطبق بالتساوي على الجميع، فإن التغييرات القانونية والشرطية تنطبق على البرجوازية نفسها. لذلك أصبحت العقوبات أكثر ليونة (اختفاء العقاب البدني، والحد من عقوبة الإعدام).

المؤسسات القائمة:

  • الشريف: بمثابة الشرطي، بإمكانه تحريك قوى أمنية في أوقات الأزمات. يتم انتخابه من قبل المواطنين. يتحصل الشريف على نسبة من الغرامات، لذلك فإنه يحرص على خلاصها من قبل المحكوم عليهم.
  • الحراس: أعضاء معينة من قبل الجمهور للحفاظ على الأماكن ليلاً، لديها سلطة لاعتقال خلال ساعات الليل. يمكن للمواطنين الأثرياء استئجار شخص لتعويضهم أثناء دورهم في المراقبة.
  • عداؤو الشوارع: استأجر القاضي هنري فيلدينغ رجالا للقبض على الهاربين وجعلهم يدفعون الغرامات. أنشئت بين 1750 و 1800 عدة هيئات مماثلة، وخاصة في لندن. كانت أهدافهم وصلاحياتهم محدودة للغاية.
  • شرطة التايمز: رصد أرصفة لندن.

أول اختبار: في سنة 1785 اقترح الوزير وليام بيت إضفاء الطابع المؤسسي على قوات الشرطة الجمهورية في لندن للتعامل مع اعمال الشغب (على سبيل المثال، أعمال الشغب « غوردون » ، التي استمرت مدة أسبوع كامل،  تسببت في هدم جزء كبير من المدينة، وكان لا بد من تدخل الجيش) وغيرها من الاضطرابات، وجعل دوريات وقائية. فشلت هاته المحاولات لأن اللوردات والمعارضة رأت فيها شرطة سرية كتلك التي كانت مستعملة بفرنسا.

تراكم المشاكل و التأسيس الفعلي :

تراكمت المشاكل لمدة 40 عاما، تحت تعدد الهجمات  في الشارع و اضطرار الصناعيين والتجار لتوظيف حراسة خاصة. وقد شهدت تغير التنظيم الأخلاقي: الدعارة، والكحول و التشرد.

في عام 1829 يقترح الوزير روبرت بيل قانونا بشأن خدمة شرطة العاصمة، والتي سوف تكون موجودة في منطقة تدعى « سكوتلاند يارد ». في عام 1850، أنشأت جميع البلديات الإنجليزية خدمة الشرطة الخاصة بها. وهكذا اصبحت الشرطة مؤسسةً لامركزية و بلدية.

عين بيل تشارلز روان، جندي، وريتشارد ماين، محام، كأول أعضاء لمجلس الإدارة. وقد قرر هؤلاء هذه المبادئ التسعة للشرطة الجمهورية:

  • منع الجريمة والفوضى بدلا من قمع
  • كسب والحفاظ على احترام الجمهور
  • ضمان تعاون الجمهور لفرض القوانين
  • التماس التعاون بدلا من إكراه العامة
  • خدمة القانون (وليس الحكومة) دون تحيز
  • استخدام القوة كملاذ أخير
  • الشرطة هي الجمهور والجمهور هو الشرطة
  • عدم التعدي على صلاحيات الهيئات الأخرى في النظام القضائي
  • معيار الكفاءة للشرطة هو غياب الجريمة و ليس العمل البوليسي (الاعتقالات، وقرارات، وما إلى ذلك).

وقد تميز أعوان الشرطة بالخصائص التالية: أرتداء زي أزرق، وليس أحمر مثل الجيش، عدم حمل سلاح، ألاستناد الى اثنين من الأفكار الرئيسية من التنوير: المراقبة والوقاية، العمل في خدمة القانون، وليس شخص (سياسي، والقاضي، الملك، وما إلى ذلك).

هكذا  تم قبول الشرطة الجمهورية من جانب الاطراف السياسية والمجتمع.

المصادر 

, Sécurité Intérieur, Nature et missions. Professeur : Stéphane Leman-Langlois

Par Saber Trabelsi

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La réforme de la Police et la société civile

Crédits photo : lexpress.fr

Dans ce contexte particulier, il nous a semblé important de rappeler que la réforme de l’appareil sécuritaire était un des enjeux majeurs de cette phase. Nous republions donc notre dossier sur la réforme de la police, dossier publié dans le 5ème numéro de notre journal, en janvier 2013.

Si le régime de Ben Ali a été longtemps et à juste titre décrit comme étant « un régime policier », c’est que la police en Tunisie a été au centre du dispositif de répression de l’ancien régime. Les forces de sécurité ont en effet souvent suscitée la méfiance, si ce n’est la haine de la part d’une grande partie du peuple. Or, la transition démocratique que vit la Tunisie ne peut réussir sans l’établissement d’un nouveau rapport de confiance et de respect mutuel entre citoyen et institutions, et en particulier entre le corps policier et le reste du peuple.

Connaissant une effervescence sans précédent depuis la révolution, la société civile s’intéresse presque à tout, y compris les sujets considérés tabous sous la dictature. Longtemps victime elle-même de la surveillance et des intimidations policières, on pouvait s’attendre a ce que la société civile mette les questions de réforme de police au top de ses priorités.

Car il va sans dire que les ONG peuvent notamment effectuer un contrôle très actif sur les forces de sécurité quant au respect des droits des citoyens tout en menant un travail de sensibilisation auprès de ces derniers par rapport au rôle de la Police. La société civile peut faire un travail quotidien auprès des citoyens afin de les renseigner sur leurs droits et devoirs mais aussi les assister et les accompagner en cas de répression policière.

Qu’en est-il dans les faits ?

Rares sont les associations qui cherchent à se spécialiser dans la réforme du secteur de la sécurité. On peut citer l’exemple du site « Yezzi.info ». « Yezzi » est une plateforme collaborative destinée à collecter des témoignages sur les violences policières envoyés par mobile, web, email et SMS, et les placer sur une Google Map, avant de les faire passer aux autres associations susceptibles d’accompagner les plaignants dans leurs démarches. Ce projet lancé par l’Association Tunisienne des Libertés Numériques a remporté le premier prix dans la catégorie OpenGov lors de la 7e conférence sur les Logiciels Libre organisé par le ministère de Technologies de l’Information et des Communications en avril 2012.

L’association « Islah » ou « Tunisian Police Reform » en fait partie aussi. Celle-ci se définit comme une ONG cherchant à aider à l’établissement en Tunisie d’une police républicaine, transparente et responsable. C’est dans ce cadre qu’elle organise les 25 et 26 janvier prochain, une conférence sur la réforme de la police, avec la contribution de différents acteurs de la société civile. On peut toutefois s’étonner de l’absence dans cette conférence de représentants du Ministère de l’intérieur.

Depuis deux ans, plein d’autres associations multiplient l’organisation de conférences autour de ce thème  avec la participation d’experts internationaux de pays ayant vécu une transition démocratique. Ces retours d’expérience sont certes fort intéressants, mais il serait encore plus intéressant d’en tirer les conséquences en proposant de mettre en place des mécanismes spécifiques et des programmes susceptibles d’améliorer l’image de l’agent de police et de rétablir la confiance avec le citoyen. La société civile et le gouvernement doivent  travailler ensemble dans ce sens. Or actuellement, il semble que cette collaboration est limitée.

Le fait que la qualité de services de police affecte la vie de chaque citoyen a incité les acteurs et organisations de la société civile dans beaucoup de pays de travailler pour l’amélioration des services de police. La tâche est certes rude, les comportements et mentalités ne changeant pas du jour au lendemain. Mais  il est urgent que les organisations de la société civile, le gouvernement, plus particulièrement le ministère de l’intérieur et le syndicat de la police, intensifient leur dialogue afin de mettre en place une feuille de route claire et ambitieuse visant à passer d’un corps policier répressif à une police républicaine au service des citoyens.

La société civile a certes fait un travail remarquable dans ce sens mais elle a encore du chemin à faire pour que la question de la réforme sécuritaire soit au cœur d’initiatives citoyennes qui s’y consacrent pleinement.

Références :

  • http://fr.yezzi.info/
  •  http://www.reform.tn/

Par Amina Ben Abdelkarim

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