L’Iran ou Lorsque les hommes au pouvoir croient représenter la volonté de Dieu sur terre

Ceux qui ont soutenu la construction de l’état islamique iranien après la révolution de 1979 aspiraient à construire un état spirituel et idéal, régi dans le respect des lois voulues par Dieu. L’état islamique a donné le pouvoir à un « guide suprême » ( المرشد الاعلى) qui est responsable de faire respecter la Chariaa de l’islam en Iran. Ainsi, les dirigeants et les exécutants ont commencé à imposer leur interprétation de la religion aux citoyens et ont eu les moyens de punir ceux qui pensent autrement ou simplement ceux qui s’opposent à leurs intérêts. Les erreurs et déviances de ces hommes, devenus sacrés, sont supérieures à toute critique. C’est ainsi que des milliers d’iraniens ont été agressés, torturés et pendus sous l’accusation indiscutable de complot contre l’état et le parti de Dieu. L’application politique de la vision religieuse par les hommes s’est avéré être une dictature pire que la précédente. Voici un résumé des faits historiques en Iran, depuis leur révolution contre le Shah en 1979. Un début qui rappelle la révolution tunisienne, suivi d’une dictature que nous devons absolument éviter.

Fin des années 70

- Sous le Shah et depuis les années 1960, Iran vit la « révolution blanche », des réformes qui accéléraient l’avancement économique, favorisaient les droits de la femme, généralisaient l’éducation… Mais la population souffrait d’un manque de libertés.

- Les différents activistes (islamistes, laïques, marxistes…) s’unissent pour militer contre 25 ans de dictature sous le Shah.

- Khoumayni, en exil à l’époque, a une grande popularité. Ses discours prônent un islam démocratique qui respecte tous les partis et promet des réformes sociales.

En 1979

- Le Shah quitte définitivement le pays.

- Khoumayni revient en Iran, accueilli par les foules enthousiastes.

- Les iraniens votent pour une constitution islamique qui confère à Khoumayni un pouvoir illimité.

- Khoumayni devient le « guide suprême » ( المرشد الاعلى). C’est la plus haute autorité politique et religieuse.

- Les hommes de la religion ( علماء الدّين) acquièrent un statut sacré.

- Le corps des gardiens de la révolution est fondé. Il dépend de l’autorité de Khoumayni.

- Dès l’instauration de la nouvelle constitution, des contrôles commencent dans les universités et les lieux publics : On impose même aux femmes voilées une forme plus intégrale de voile, les mannequins dans les boutiques de vêtements sont voilés…

Début des années 80

- L’Irak envahit l’Iran. Khoumayni donne à cette guerre un aspect sacré de défense.

- Le mouvement de gauche « Moujahidi khalq » (مجاهدي خلق) gagne en popularité parmi les étudiants.

- Khoumayni accuse d’apostasie ces groupes armés de la gauche et les combat.

- Khoumayni œuvre pour l’éradication des courants laïques dans les universités et la propagation de sa vision des préceptes de l’islam.

- Face à la violence de la répression, le président Al Sadr essaie de s’allier avec la gauche pour s’insurger. En réponse, Khoumayni le limoge de son poste.

- Les dirigeants de l’unique parti de gauche reconnu à cette époque là sont poursuivis en justice par Khoumayni. Les dirigeants et les adhérents sont torturés.

- Entre 1981 et 1985, 8 000 des opposants au Khoumayni sont pendus.

- Le gouvernement impose un contrôle ferme pour imposer l’application de la Chariaa et effacer de la vie publique les signes de la laïcité. Les adultères sont punis par la lapidation, et les exécutions sont faites en public. La pression était ressentie même par les iraniens islamistes.

Fin des années 80

- En 1988, la guerre avec l’Irak prend fin.

- Après la guerre, 3000 prisonniers parmi les militants de gauche sont pendus en un mois dans le but d’exterminer l’opposition intérieure.

- Certains anciens partisans de Khoumayni s’opposent à la répression. Naissance du mouvement des réformistes.

En 1989

- Khoumayni meurt.

- Khaminay est le nouveau « guide de la révolution ». Il suit le même régime répressif sans avoir la même influence spirituelle sur la population que Khoumayni.

- Il recourt à l’armée et forme les troupes des « partisans de hizb allah »( أنصار حزب اللّه ) parmi ceux qui avaient participé à la guerre avec l’Irak, pour contrer le mouvement des réformistes qui appelait à la modernité.

Fin des années 90

- Les rassemblements et mouvements des étudiants réformistes sont opprimés.

- Les milices armées des gardiens de la révolution sont de plus en plus puissantes.

- Khatimi, considéré comme modéré, accède à la présidence en 1997 mais le pouvoir effectif reste entre les mains de Khaminay et ses milices. Khatimi échoue à mettre en œuvre les réformes.

- Une vague de manifestations contre la répression éclate suite à l’assassinat d’un ministre opposant. La presse est censurée et les manifestants sont torturés. Les étudiants manifestants de l’université de Téhéran sont attaqués par tirs de balles.

En 2005

- Ahmadi Nejad, conservateur et ancien membre des gardiens de la révolution, est élu président. Il encourage les milices armées des gardiens de la révolution ( الحرس الثوري)

En 2009

- Houssein Moussavi qui représente l’opposition est encouragé par des millions d’iraniens.

- Le gouvernement annonce la victoire de l’ancien président Ahmadi Najed.

- Les manifestations massives contre ces résultats contestés sont opprimées par la violence. La presse internationale est interdite mais les images sont reprises sur les réseaux tels que Facebook et Twitter.

 

Source principale : Reportage « عاصفة في ايران » diffusé sur la chaine Al Arabiya.

 

 

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